Une méditation improbable sur l’incarnation, les racines, les fleurs et ce qui pousse dans l’ombre.
Il y a des méditations qui nous apportent une grande paix intérieure. D’autres nous donnent une réponse à une question existentielle.
Et puis il y a celles qui vous laissent avec une phrase complètement improbable mais qui reste bien dans la tête :
« L’âme ou la vie est une pomme de terre. »
Voilà. C’est tout. Ah ce n’est pas un grand message cosmique.
Ni une superbe lumière blanche descendant du ciel.
Et encore moins un petit ange avec une pancarte.
Une pomme de terre.
J’ai d’abord trouvé ça… disons… légèrement déconcertant. Et puis j’ai commencé à y réfléchir. Et là, un problème s’est posé : ça se tient.
Commençons par planter le décor : une pomme de terre commence par germer, donc avoir des racines pour s’ancrer au sol.
Puis, elle devient une plante superbe avec des fleurs bleues violettes qui captent le ciel. Ces fleurs ne donnent pourtant pas les fruits.
Les fruits sont loin dans la terre, pas accrochés à la plante.
Comme l’âme qui choisit son endroit d’incarnation, la personne idéale, la famille idéale, mais garde toute son indépendance
C’est là que la pomme de terre devient franchement philosophique.
Parce que pendant que tout le monde regarde la plante et ses fleurs… le véritable trésor est en dessous. Ce qui compte n’est pas forcément ce qui se voit.
Les pommes de terre se développent sous terre, dans l’obscurité. à l’abri des regards. Pendant que la partie visible de la plante fait tranquillement son spectacle au soleil, quelque chose d’essentiel se construit ailleurs.
Et si nous faisions la même chose ?
Nous passons une grande partie de notre existence à nous occuper de ce qui se voit :
- notre apparence,
- notre activité professionnelle,
- notre maison,
- notre famille,
- notre réussite sociale,
- nos échecs,
- notre CV,
- notre compte bancaire,
- notre nombre de followers… Bah oui même l’âme doit désormais avoir des statistiques.
Bref : nous entretenons la partie visible de la plante.
- Mais qu’est-ce qui pousse dessous ?
- Qu’est-ce qui se prépare dans l’ombre ?
- Qu’est-ce qui se construit en nous pendant que nous sommes occupés à donner l’impression que tout va très bien ?
La pomme de terre pourrait bien avoir quelque chose à nous apprendre.
L’âme choisit peut-être son terrain… mais pas l’intégrité du scénario
Si l’on pousse la métaphore un peu plus loin et puisque nous avons commencé, autant ne pas s’ arrêter tout de suite.
Donc l’âme choisit son « terrain » d’incarnation : une famille, une époque, un environnement, ses rencontres futures, des circonstances et des opportunités, un corps, des obstacles aussi.
Mais choisir son terrain ne signifie pas nécessairement choisir tout ce qui va s’y passer.
C’est là que la pomme de terre est intéressante.
Elle est certes, profondément liée à son environnement, mais elle n’en devient pas pour autant cet environnement.
Elle pousse dans cette terre. Elle reçoit son eau. Ses nutriments.
Elle subit parfois la sécheresse, le froid, les intempéries et probablement quelques limaces particulièrement motivées.
- Mais elle reste une pomme de terre.
- Elle ne devient pas une carotte parce que son voisin est une carotte.
- Elle ne se transforme pas en oignon parce que le jardinier l’aurait préféré.
- Et surtout, elle ne passe pas son temps à se demander :
« Pourquoi suis-je tombée dans cette famille alors que celle du rang d’à côté a l’air beaucoup plus sympathique ? »
Elle pousse. Elle fait avec. Elle transforme ce qu’elle reçoit.
Et surtout… elle garde son indépendance.
Ainsi nous pouvons nous sentir profondément liés à notre famille, à nos proches, à notre histoire, à nos expériences, sans que tout cela définisse entièrement qui nous sommes.
- Nous pouvons aimer quelqu’un sans lui appartenir.
- Être attaché sans être prisonnier.
- Être profondément relié sans perdre sa nature propre.
Et les fleurs, alors ?
Ah, les fleurs. C’est probablement le plus étonnant dans cette histoire. La plante sort de terre et regarde le ciel, sa couleur violette n’est pas neutre.
Et pourtant… les pommes de terre sont toujours en bas.
Comme si la vie nous demandait deux choses en même temps :
avoir les pieds bien ancrés dans la terre et la tête tournée vers le ciel.
S’ancrer sans s’immobiliser. S’élever sans se déraciner.
Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et vice-versa.
Vivre dans la matière sans oublier qu’il existe une vie intérieure.
C’est une assez jolie leçon pour tous ceux qui ont tendance à vouloir que tout soit immédiatement visible.
Nous voulons voir les résultats palpables immédiatement.
Il faut tout comprendre, mesurer, calibrer, expliquer…prévoir !
Nous voulons savoir d’avance où nous allons, si possible avec, un jeu de tarot, un petit coupe d’Astrologie, pire, un petit tableau Excel mettant noir sur blanc, les étapes de notre évolution personnelle.
La pomme de terre, elle, semble avoir compris quelque chose depuis longtemps : « Occupe-toi de pousser. Le reste viendra quand ce sera le moment. »
Finalement, l’âme est peut-être bien une pomme de terre
Je ne sais toujours pas pourquoi cette phrase m’est venue pendant cette méditation. Mais j’aime cette image parce qu’elle est à la fois simple, drôle et très profonde :
- Nous arrivons quelque part.
- Nous devons nous enraciner.
- Nous grandissons en rencontrant des obstacles.
- Nous nous épanouissons aussi
- Nous traversons aussi des périodes où, extérieurement, il ne semble plus rien se passer.
Et pourtant… quelque chose continue de pousser. Dans l’invisible.
Nous nous incarnons pour une mission : faire grandir ce qui est déjà là, profondément enfoui et en toute indépendance.
Alors, la prochaine fois que vous aurez l’impression de ne pas avancer… ne paniquez pas.
Vous êtes peut-être simplement en train de faire pousser vos pommes de terre.
Et si quelqu’un vous demande :
« Mais enfin, que comptes-tu faire de ta vie ? »
Vous pourrez toujours répondre avec beaucoup de sérieux :
« Je fais mon tubercule. »
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